Les pilotes allemands ont été formés par la Hitlerjugend, la jeunesse hitlérienne, dans l’idée de la revanche. Ils se sentent l’élite et leur chef, Goering, est le personnage le plus populaire du régime.
La Luftwaffe dispose maintenant de tous les aérodromes français, de leurs installations, de leurs équipements. Ses pilotes sont très entraînés. Certains se sont battus contre les républicains en Espagne. Tous ont participé à la bataille de France. Ils mènent maintenant l’offensive contre l’Angleterre.
A partir des terrains de la France occupée, les Allemands vont s’acharner sur le trafic maritime, les ports, puis les terrains d’aviation du Sud de l’Angleterre. Ils vont abattre 400 avions anglais au prix de 1000 des leurs. Les pilotes anglais tiennent bon au prix de lourds sacrifices.
Hitler pense que les Anglais se rendront quand leurs villes seront détruites.
Churchill déclare : "Jamais dans l`histoire des conflits humains autant d’hommes n`ont eu une dette aussi considérable envers si peu".
Hitler décide de reporter son plan d’invasion. L’opération de débarquement Seelöwe est annulée. C’est son premier échec. Alors il change de méthode. Il pense que les Anglais se rendront quand leurs villes seront détruites.
A partir du 7 septembre 1940 les bombardiers allemands s’acharnent sur les villes britanniques comme Coventry et Londres.
C’est le Blitz, le bombardement quotidien. Ce changement d’objectif est une erreur fatale d’Hitler, parce qu’en fait, la Royal Air Force était bien sur le point de craquer. Maintenant la RAF a le temps de souffler.
Quant au peuple anglais, il se révèle admirable. Il s’est enterré dans les jardins de ses cottages, il dort dans le métro avant d’aller au boulot. Il ne perd jamais son humour ni sa confiance.
Une dernière attaque sur Londres signera la fin du Blitz, dans la nuit du 10 au 11 mai 1941, soit plus de 8 mois après le premier bombardement systématique des populations civiles.
Mémorandum du général Jodl, chef d'état-major des opérations de guerre de l'OKW (le commandement suprême des forces armées) et principal conseiller militaire de Hitler, en date du 30 juin 1940 :
" Si les moyens politiques ne donnent pas de résultats, la volonté anglaise de résistance devra être brisée par la force
a) par le combat contre la métropole anglaise
b) par l’élargissement de la guerre à la périphérie.
Pour « a) », il y a trois possibilités :
1) Le « siège » : il comprend le combat maritime et aérien contre tout ce qui entre ou sort, le combat contre l’armée de l’air anglaise et contre toutes les ressources économiques du pays
2) Le bombardement de terreur contre les concentrations de population anglaises
3) le débarquement ayant pour but d’occuper l’Angleterre.
La victoire finale de l’Allemagne n’est qu’une question de temps. Des attaques ennemies importantes ne sont plus possibles. Aussi l’Allemagne peut-elle choisir des méthodes de guerre qui économisent ses forces et évitent les risques. Au début doit prendre place le combat contre la force aérienne anglaise [souligné par Jodl]. (...)
Un débarquement en Angleterre ne peut être envisagé que si la maîtrise du ciel est acquise par la Luftwaffe.
(...) Tout débarquement ne doit être préparé que comme un dernier recours.
(...) Comme l’Angleterre ne se bat ni ne peut plus se battre pour la victoire mais pour le maintien de ses possessions et de sa situation, tout indique qu’elle inclinera vers la paix quand elle apprendra qu’elle peut encore l’obtenir à relativement bas prix. "